Prenez c'que j'donne pas c'que j'gagne

Publié le par fleurirelavenir.over-blog.com

Grace à Bercy les bonus des banquiers restent gras

 

Oubliés les grands cris indignés du gouvernement français contre les bonus indécents des patrons des banques… Une directive européenne a bien exigé, en juillet dernier, un « équilibre » entre leurs rémunérations fixes et variables, mais le règlement français qui l'a transposée l'a édulcorée. Résultat : certains banquiers continuent à se verser des parts variables cinq fois plus élevées que leur fixe…

C'est un eurodéputé qui a levé le lièvre. En découvrant le texte de loi français, il s'est aperçu que le mot « équilibré », qui visait à ce que la part variable de la rémunération des cadres-dirigeants des banques n'excède pas (ou pas trop) la part fixe, avait disparu. Il est « tombé des nues »

 

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L'équilibre devient un « rapport approprié »

L'idée était au départ d'éviter que les banquiers ne se goinfrent trop et surtout que l'essentiel de leur système de rémunération ne les pousse pas à prendre des risques inconsidérés. Selon l'Autorité bancaire européenne, « plus la rémunération variable est potentiellement importante, plus les prises de risque pourraient l'être aussi ».

Le texte européen stipule donc qu'un « équilibre approprié est établi entre les composantes fixe et variable de la rémunération totale ». Dans le texte français, daté du 13 décembre 2010, l'équilibre a disparu, remplacé par « un rapport approprié entre les composantes fixe et variable ».

Interrogés sur les raisons de ce glissement sémantique, les services de Christine Lagarde n'apportent aucune explication sérieuse, se bornant à souligner que la Commission européenne « n'a formulé aucune observation » sur la formulation retenue dans l'arrêté ministériel.

Résultat, les banquiers français peuvent violer allègrement l'esprit et la lettre de la directive européenne. Exemples fournis par Libé :

► Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale

  • salaire fixe : 850 000 euros
  • salaire variable : 4 070 000 euros (sur quatre ans)
  • rapport fixe variable : 4,8

► Baudouin Prot, DG de BNP-Paribas

  • salaire fixe : 950 000
  • salaire variable : 5 248 000
  • rapport fixe-variable : 5,5

► Jean-Paul Chifflet, DG du Crédit agricole

  • salaire fixe : 750 000
  • salaire variable : 916 000
  • rapport fixe-variable : 1,2

► François Pérol, président de BFCE

  • salaire fixe : 550 000
  • salaire variable : 1 056 000
  • rapport fixe-variable : 1,92

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Ce dernier exemple est le plus ironique, compte tenu de la personnalité du banquier concerné : il s'agit de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy sur les questions économiques, nommé en novembre 2009 à la tête de la BFCE dans des conditions déontologiques contestables.

Les parlementaires européens, pendant la négociation précédent l'adoption de la directive, avaient demandé à ce que le chiffre de 50% apparaisse, pour limiter clairement la rémunération variable. Mais la France et la Grande-Bretagne avaient refusé. Le mot « équilibre » avait été retenu comme compromis.....

Publié dans Actus - Politique

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